Historique

2010 : Rencontre des partenaires de l'éducation

Le 6 décembre dernier a eu lieu la Rencontre des partenaires de l'éducation. Cette dernière avait été annoncée lors de la présentation du budget Bachand, en mars dernier, au moment même où les libéraux annonçaient une augmentation possible des frais de scolarité de près de 250% afin d'égaler la moyenne canadienne. La Rencontre des partenaires de l'éducation (RPE) se voulait une consultation sur les "principes devant guider la hausse des droits de scolarité".
Au menu, il y avait trois thèmes généraux : financement de la formation universitaire, accessibilité financière aux études et performance des universités. Au début de la période de plénière, les associations étudiantes présentes, de même que les syndicats aussi présents, sont partis en claquant la porte, puisqu'ils jugeaient que les échanges permis à la RPE étaient insuffisants et que les décisions étaient écrites d'avance. En effet, le temps de discussion alloué par participant était d'à peine 3 minutes. Aucun bilan ni retour majeur n'a été fait sur cette rencontre, et le gouvernement n'a toujours pas précisé de quelle manière il compte augmenter les frais de scolarité.

2010-Annonce du dégel des frais de scolarité 2012

Lors du dépôt de son budget 2010, le gouvernement libéral de Jean Charest annonce la tenue d'une rencontre des partenaires de l'éducation en vue de l'automne 2010. Cette rencontre, portant sur la performance du réseau d'enseignement universitaire et l'efficience globale des établissements en matière d'enseignement, de recherche et de gestion, vise entre autres à déterminer les modalités d'une nouvelle hausse des frais de scolarité. Alors que certains acteurs socioéconomiques militent en faveur d'une dérèglementation des frais de scolarité, le gouvernement affirme ne pas avoir une position claire en cette matière.

Pour savoir plus sur le budget 2010:
http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/Budget/2010-2011/fr/index.asp

2009-Fondation de la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ)

À l'automne 2009 est fondée la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ). Rassemblant quatre associations universitaires pancampus et plus de 60 000 membres, la TaCEQ est un regroupement décentralisé qui repose sur la concertation des associations étudiantes universitaires qui, par leur participation active, garantissent le dynamisme de l'organisation.

Pour en savoir plus sur la TaCEQ:
Site Internet de la TaCEQ

2007-2010-Projet de loi sur la gouvernance des universités

À l’automne 2008, la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, dépose le projet de loi 107 (devenu projet de loi 38) sur la gouvernance des universités. Interrompue par le déclenchement des élections provinciales, l’adoption du projet de loi vise à uniformiser les pratiques de gouvernance des universités afin de rendre plus transparentes et efficientes les pratiques de gestion de celles-ci.

Voyant les risques d’atteinte à l’autonomie des universités dans leur gestion, de nombreux acteurs universitaires dénoncent ouvertement le projet de loi dans les journaux du Québec. De leur côté, les professeurs de l’UQAM, étant sans contrat de travail depuis un an et demi, font une grève de sept semaines au printemps 2009. Outre l’amélioration de leurs conditions salariales et l’embauche de 300 nouveaux professeurs, ceux-ci incluent dans leurs revendications le refus de tout projet de loi portant atteinte à l’autonomie des universités. Au cours de la session d'automne 2009, on assiste à l'organisation d'une manifestation organisée conjointement par l'ASSÉ, la TaCEQ ainsi que les regroupements syndicaux nationaux. En date du printemps 2010, le projet de loi 38 n'est toujours pas adopté.

2006-2007-Dégel des frais de scolarité

Au printemps 2007, le Parti libéral du Québec ne tient aucun engagement quant au maintient du gel des frais de scolarité. Dès l'élection du gouvernement libéral pour un deuxième mandat consécutif, Michelle Courchesne, ministre de l'Éducation, des Loisirs et du Sport, procède à une loi sur le dégel des frais de scolarité. Cette dernière instaure une augmentation récurrente de la contribution étudiante de 100$ par année, s'étalant de l'automne 2007 à 2012. Bien que certaines associations tentent de reproduire le mouvement de grève de 2005, la campagne des étudiants contre le dégel des frais de scolarité s'avère un échec.

2004-2005-Mobilisation contre les coupures dans les prêts et bourses

Dans son budget 2004-2005, bien que le gouvernement libéral de Jean Charest s'engage à maintenir le gel des frais de scolarité, il annonce une hausse des plafonds des prêts, ayant pour conséquence la privation de 103 millions en bourses aux étudiants québécois. Ces coupures donnent lieu à la plus grande mobilisation étudiante de l'histoire du mouvement étudiant. Le 16 mars 2005, alors que plus de la moitié des étudiants du Québec font la grève, 30 000 d'entre eux marchent dans les rues de Montréal afin de revendiquer le retour en bourses de 103 millions de dollars. Le mouvement de grève du printemps 2005 fait reculer le gouvernement Charest. Malgré la volonté d'une partie du mouvement de poursuivre la grève, la FEUQ, la FECQ et le gouvernement Charest parviennent à une entente de principes dans la première semaine d'avril 2005.

Un an après la campagne des coupures dans l'aide financière aux études, les étudiants s'unissent pour appuyer les provinces du Canada dans leur revendication d'un retour de 4,9 milliards des transferts fédéraux dédiés à l'éducation postsecondaire, qui avaient fait l'objet de coupures au milieu des années 1990. En date du 23 février 2006, seulement 300 étudiants manifestent sur la colline parlementaire d'Ottawa.

2001-Sommet des Amériques

Les 20, 21 et 22 avril 2001 se tient le Sommet des Amériques au Centre des congrès de Québec. Il rassemble 34 chefs d'État afin de discuter de la création d'une Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA). Ce rassemblement, qui ne mène à aucun accord formel entre les chefs d'État présents, aura permis aux 20 000 manifestants présents de sonner l'alarme dans l'espace public à l'égard des répercussions négatives de ce type d'entente.

Le Sommet des Amériques s'inscrit dans la lignée des accords de libre-échange effectués dans le cadre de l'Accord général sur le commerce des services (AGCS) par les membres de l'Organisation mondiale du commerce. Ces accords, qui encouragent la privatisation des services publics, peuvent avoir une influence négative sur l'accessibilité et la qualité des études postsecondaires.

Pour en savoir plus sur les accords de libre-échange et l'AGCS:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_général_sur_le_commerce_des_services

Fondation de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ)

En février 2001 est fondée l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ). Dans le même esprit que celles de  l'UQEQ, de l'ANEEQ et du MDE, les pratiques de l'ASSÉ reposent sur  le syndicalisme de combat. Regroupant des associations de cégeps et d'universités, l'ASSÉ rassemble aujourd'hui près de 40 000 membres.

1999-Instauration des contrats de performance

En 1999, avec la mise en œuvre d'une nouvelle politique de financement des universités, François Legault, ministre de l'Éducation, instaure des contrats de performance aux universités à partir de l'année 2000. Ces derniers auront pour effet de faire varier le financement des universités québécoises en fonction de l'évolution du nombre de diplômés produits par celles-ci. Avec l'instauration des contrats de performance, plusieurs acteurs du milieu de l'éducation s'inquiètent de la perte d'autonomie des universités de même que de l'adaptation de celles-ci aux demandes du secteur privé. Pour en savoir plus sur les contrats de performance: Lien vers la recherche de Ratel.

1996-Mobilisation contre le dégel des frais de scolarité

En 1996, Pauline Marois, ministre de l'Éducation nouvellement élue, annonce l'éventualité d'un dégel des frais de scolarité. En réaction à cette annonce, le Mouvement pour le droit à l'éducation (MDE), la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) entament une mobilisation menant à la grève. La ministre de l'Éducation se rétracte tout en instaurant la loi sur la taxe à l'échec au niveau collégial de même qu'une hausse des frais de scolarité pour les étudiants étrangers
De 1994 à 2004, alors que les universités québécoises cumulent les déficits, celles-ci tentent par tous les moyens de contourner le gel des frais de scolarité en imposant chaque année une hausse de la facture des étudiants sous forme d'augmentation de frais technologiques, de gestion ou afférents. Au-delà du gel des frais de scolarité, ces hausses augmentent la contribution étudiante aux études postsecondaires d'environ 20% entre 1994 et 2007.

1995-Fondation du Mouvement pour le droit à l'éducation (MDE)

Fondé le 12 mars 1995, le Mouvement pour le droit à l'éducation (MDE) est le résultat de la Coalition X à travers laquelle plusieurs associations étudiantes s'étaient réunies afin de lutter contre la réforme Axworthy. Après avoir lutté activement contre le dégel des frais de scolarité de 1996, le MDE assiste à l'échec de son initiative de grève lancée en 1999. C'est l'année suivante que le MDE est dissolu.

1994-Réforme Axworty

En 1994, dans le but d'atteindre le déficit « 0 », le gouvernement du Canada dépose son livre vert à l'origine de ce qu'on appelle aujourd'hui la réforme Axworthy. Cette réforme fait plafonner les transferts fédéraux dédiés au financement des programmes sociaux des différentes provinces du Canada. Ces coupures de 2,2 milliards de dollars sont perçues comme une ingérence du fédéral dans le champ de l'éducation postsecondaire. Dans les deux années qui suivent, les syndicats de professeurs et les associations étudiantes se mobilisent à plusieurs reprises afin de réclamer le retour des transferts en éducation postsecondaire et programmes sociaux. Aujourd'hui, en calculant l'inflation et l'augmentation des coûts de système, la CADEUL évalue à plus de 5,5 milliards de dollars le retard annuel des transferts fédéraux qui doivent être versés aux provinces par le gouvernement fédéral.

1989-Fondation de la Fédération des étudiantes et étudiants du Québec (FÉÉQ) (FEUQ) et de la FCEQ (FECQ)

Avec l'échec du mouvement de grève de 1988, plusieurs associations membres de l'ANEEQ deviendront plus critiques envers leur association nationale et certaines finissent par s'en détacher. Le 25 février 1989, la Fédération des étudiantes et des étudiants du Québec (FÉÉQ) est créée. Puis, en mars 1990, on assiste à la création de la Fédération collégiale étudiante du Québec (FCEQ). Ces deux associations deviendront par la suite la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ). Aujourd'hui la FECQ et la FEUQ représentent respectivement 55 000 et 115 000 membres.

1989-Dégel des droits de scolarité

Deux années après la mobilisation contre la hausse des frais de scolarité de 1986, l'ANEEQ appelle de nouveau à la grève générale illimitée afin d'obtenir des gains significatifs dans le cadre des négociations pour l'amélioration du régime de l'aide financière aux études. Malgré la grève effective de trois jours à laquelle participent 32 associations étudiantes, le mouvement s'éteint deux semaines plus tard, donnant lieu à un affaiblissement du pouvoir de force des associations étudiantes. En décembre 1989, le Conseil des ministres donne le feu vert au gouvernement pour procéder à un dégel des frais de scolarité de plus de 100%. Malgré les efforts consentis par le mouvement étudiant, la moyenne des frais de scolarité passe de 541$ pour l'année 1989-1990 à 932$ pour 1990-1991. Il faudra attendre jusqu'en 1994 pour que les droits de scolarité soient gelés de nouveau.

1986-Mobilisation contre la hausse des frais de scolarité

Au printemps 1986, alors que le ministre des Finances du Québec, Gérard D. Lévesque, met de l'avant l'idée d'une hausse des frais de scolarité, plus d'une quarantaine d'associations étudiantes collégiales et universitaires regroupées au sein de l'ANEEQ entame un mouvement de grève à l'automne 1986. Deux semaines plus tard, le Premier ministre Robert Bourassa réitère sa promesse électorale et s'abstient de dégeler les frais de scolarité.

1982-Adoption de la loi 32

La Loi sur l'accréditation et le financement des associations d'élèves ou d'étudiants (Loi 32) vient reconnaître, pour les étudiants, le droit d’association déjà intégré de façon générale par la Charte canadienne des droits et libertés en 1982. La Loi 32 reconnaît, plus précisément à son article 4, le droit que possède tout étudiant de faire partie d’une association, de participer à sa formation, à ses activités et à son administration. Depuis son adoption, la Loi 32 permet d'éviter toute ambiguïté relative au droit des associations étudiantes de percevoir leurs cotisations.

Pour lire la version complète de la Loi 32: 

http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/A_3_01/A3_01.html 

1981-Fondation de la Confédération des associations d'étudiants et étudiantes de l'Université Laval (CADEUL)

En avril 1981, à la suite de la demande de l’Association des étudiants de science et génie de l'Université Laval (AESGUL) et de l’Association des étudiants en droit (AED), un référendum de 4 jours a lieu pour la formation de la CADEUL (ACAEUL au départ). L’idée était de créer une association plus structurée et plus représentative que celle qui l'avait précédée.

L’histoire des règlements généraux et de la structure de la CADEUL est divisée en trois grandes périodes. La première période, qui s’étend de 1981 à 1993, est caractérisée par une organisation de type confédéral. La seconde période débute en 1993, lorsqu’il y a un changement radical dans la structure de la CADEUL, qui passe d’un mode de fonctionnement confédéral à un mode « agéiste ». Cette période prend fin en 1998 avec l’adoption des règlements généraux actuels et la réintroduction statutaire d’une instance décisionnelle propre aux associations étudiantes membres : le Caucus des associations.

Pour en savoir plus sur l'histoire de la CADEUL:
http://www.cadeul.ulaval.ca/cadeul/?Histoire

1974-Fondation de l'Association nationale des étudiants du Québec (ANEEQ)

L'Association nationale des étudiants du Québec est fondée le 22 mars 1975, dans un contexte d'ébullition du mouvement étudiant. Au cours des années 1973 et 1974, on assiste au débrayage de mouvements de grève contre diverses mesures nuisant à l'accessibilité aux études. Parmi celles-ci, mentionnons l'instauration de modalités de perception des droits de scolarité, les tests d'aptitudes aux études universitaires de même que la multiplication des critères restreignant l'accès au régime d'aide financière aux études. À la suite de ces mouvements, 22 associations étudiantes des collèges de même que cinq associations universitaires ressentent la nécessité de se regrouper au sein d'une association étudiante nationale. Au moment de sa fondation, l'ANEEQ regroupe 75 000 membres.

1968-Création du réseau des universités du Québec

Créé en 1968 à la suite de la publication du rapport Parent, le réseau des universités du Québec a l'objectif de contribuer au développement scientifique du Québec et de ses régions. À la suite de leur fondation dans différents pôles régionaux tels que celui de Trois-Rivières (1969), de Chicoutimi (1969), de Rimouski (1969), de l'Outaouais (1971) de même que celui d'Abitibi-Témiscaminque (1983), elles permettent aux étudiants du Québec d'avoir accès aux institutions universitaires tout en contribuant au dynamisme de leur région.

1968-Mouvement de Mai '68

Le mois de mai 1968 est un mois qui marque l'histoire des mouvements sociaux dans plusieurs pays, dont la France, l'Allemagne, l'Italie, le Mexique, les États-Unis, etc. À travers cette période d'effervescence politique, les mouvements sociaux procèdent à une remise en question des fondements de la société capitaliste de l'époque. Au Québec, le vent de Mai '68 inspire les manifestations étudiantes au mois d'octobre 1968. Le 21 octobre de cette même année, ce sont 10 000 étudiants qui manifestent pour dénoncer la réduction des dépenses de l'État dans des domaines tels que la santé, l'éducation et l'assistance sociale. À la suite de ces événements, on assiste à un essoufflement de la participation étudiante qui mènera à la dissolution de l'Association générale des étudiants de l'Université de Montréal (AGEUM), de l'Association générale des étudiants de Laval (AGEL) de même que celle de l'Union générale des étudiants du Québec (UGEQ).

1967-Création des cégeps

Conçus à la suite de la publication du rapport Parent, les Collèges d'enseignement général et professionnel (cégeps) sont créés en 1967 dans le but d'harmoniser les différentes institutions d'enseignement postsecondaires qui précèdent les universités. Répartis sur l'ensemble du territoire québécois, les cégeps permettent l'accès à une éducation préuniversitaire ou technique gratuite à l'ensemble des étudiants répondant aux critères d'admission.

1964-La fondation de l'Union générale des étudiants du Québec (UGEQ)

Fondée en 1964, l'UGEQ constitue la première organisation nationale du mouvement étudiant depuis l'existence d'associations étudiantes liées aux institutions religieuses.  Lors de son congrès de fondation du 12 novembre 1964, l'association étudiante nationale désire  « […] contribuer directement à la démocratisation de l'enseignement supérieur au Québec et au progrès de la société québécoise dans son ensemble [...] » (Charte de l'UQEQ, 1964). Parmi les membres du comité exécutif de l'UGEQ, mentionnons le passage de Claude Charron, Louise Harel de même que celui de Gilles Duceppe.

Lien vers la Charte de l'UGEQ:
http://www.agecem.org/archives/c2-4/c2-4-ugeq/19641112-UGEQ.pdf

1963-Le rapport Parent

En 1963, les travaux effectués dans le cadre de la Comission royale d'enquête sur l'enseignement dans la province de Québec mènent à la production du rapport Parent. Publié en cinq tomes, ce dernier apporte des recommandations garantes d'une démocratisation du système d'éducation québécois. Parmi celles qui précèdent quelques grandes réalisations  du système d'éducation québécois, mentionnons la création du ministère de l'Éducation du Québec, les cégeps de même que le réseau des universités du Québec.

Les cinq tomes du rapport Parent sont disponibles ici: http://classiques.uqac.ca/contemporains/quebec_commission_parent/commission_parent.html